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En 2003, des médecins du travail d’IBM France ont réalisé une étude montrant que 44% du personnel est victime du stress. L’établissement IBM de Montpellier ne semblant pas épargné par le phénomène, le Comité d’Établissement a demandé que cette enquête lui soit présentée, mais la direction a refusé.
Dans le cadre de ses attributions, le CHSCT de l’établissement a donc décidé de réaliser une enquête sur place et a mis au point un questionnaire avec l’aide du médecin du travail (annexe 1). L’objectif de cette enquête était d’évaluer le niveau de stress dans l’établissement et d’identifier les principales causes de stress afin de formuler des recommandations visant à réduire ou éliminer le stress.
La direction, sollicitée par le CHSCT pour prendre en charge l’impression des questionnaires et informer l’ensemble du personnel par courrier électronique pour l’inciter à participer à l’enquête, a rejeté ces demandes. C’est donc le Comité d’établissement qui a pris en charge la réalisation de la maquette et les frais d’impression du questionnaire.
Le stress en milieu professionnel semble aujourd’hui toucher la plupart des entreprises, quel que soit leur secteur d’activité. Ce phénomène s’est particulièrement accentué ces dix dernières années.
Ce stress n’est pas un stress ponctuel qui stimule les défenses face à une agression de l’environnement, mais un stress chronique dont les effets néfastes sur l’organisme ont été constatés. En effet, des études scientifiques ont mis en évidence des liens entre des situations de travail stressantes et l’apparition de problèmes de santé mineurs ou de maladies plus sérieuses (douleurs musculaires ou articulaires, troubles du sommeil ou de l’appareil digestif, irritabilité, angoisse, anxiété, difficultés de concentration, diminution des défenses immunitaires, accidents cardio-vasculaires, …). Le stress peut également contribuer à la survenue d’accidents du travail.
D’après l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail, le stress « survient lorsqu’il y a déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes que lui impose son environnement et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ».
Pour les 15 pays de l’union européenne, l’Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail estimait en 1999 que le coût annuel du stress était d’environ 20 milliards d’euros. Le stress serait responsable de 50 % à 60% des journées de travail perdues.
A ce coût de l’absentéisme et des soins médicaux des problèmes de santé liés au stress, il faut ajouter les conséquences sur l’activité des entreprises de : la démotivation, la baisse de qualité du travail fourni et la diminution de la productivité.
Plusieurs modèles existent, mais deux sont les plus utilisés.
Le stress résulte de la perception par les individus d’un déséquilibre dans les situations de travail où :
· La demande psychologique est élevée (quantité, complexité, contraintes de temps, etc.) ;
· La latitude décisionnelle est limitée (autonomie décisionnelle, utilisation de ses compétences et possibilité d’en acquérir de nouvelles, etc.) ;
· Le soutien social au travail est faible (reconnaissance du travail par la hiérarchie, soutien des collègues, etc.)
Le stress est la conséquence d’un déséquilibre entre efforts élevés et récompenses faibles.
Les efforts peuvent avoir des origines externes (contraintes de temps, interruptions, exigence des taches, astreintes physiques, etc.), ou internes (surinvestissement, incapacité à s’éloigner du travail, besoin d’approbation, etc.)
· Les récompenses peuvent être de trois sortes : gains monétaires, reconnaissance par la hiérarchie et les collègues, perspectives de promotion et sécurité de l’emploi.
Le questionnaire qui a été élaboré pour cette enquête intègre les principaux facteurs de stress identifiés par ces deux modèles.
Le questionnaire a été distribué par les membres du CHSCT le 3 juin 2004, à l’entrée des bâtiments, lors de l’arrivée du personnel. Une urne a été placée au Comité d’Établissement pour recevoir les réponses. Cette urne a été retirée le 11 juin. Des questionnaires vierges étaient déposés à côté de l’urne pour permettre aux personnes qui n’en avaient pas reçu de répondre (notamment le personnel travaillant le week-end ou en horaires spéciaux).
Le questionnaire est
divisé en trois parties :
· Le participant : grandes catégories garantissant l’anonymat (sexe, classification, âge, entité d’appartenance) ;
· Les conditions de travail ;
· L’état de santé (partie réalisée en collaboration avec le médecin du travail).
Les questions relatives
aux conditions de travail peuvent être regroupées par thèmes :
· Conditions de travail : 8, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18
· Gestion du temps : 6, 7, 9, 10, 49, 50, 51
· Ambiance au travail : 20, 21, 25, 26, 27, 28, 29, 30
· Méthodes de management : 33, 34, 48
· Organisation du travail : 32, 44, 45, 46
· Intérêt du travail : 22, 31, 35, 36
· Reconnaissance du travail accompli : 19, 37, 38, 39, 40, 41
· Compétences (utilisation et développement) : 42, 43
· Moyens mis à disposition pour effectuer la tâche : 23, 24
· Incertitudes sur l’avenir : 47
Les réponses aux 94 questions de chacun des questionnaires exploitables ont été entrées dans un tableur. Toutes les réponses saisies ont ensuite été vérifiées.
288 questionnaires ont été complétés par le personnel de l’établissement. Parmi ces questionnaires :
· 13 ne sont pas exploitables (questionnaires n’ayant aucune réponse aux questions 1 à 5 ou dont les réponses aux questions suivantes ne sont pas cohérentes),
· 58 comportent des commentaires.
Compte tenu des congés, missions en clientèle, maladies, etc., on peut estimer que la participation réelle est supérieure à 30%.
A titre de comparaison, lors d’enquêtes précédentes réalisées par le CE ou le CHSCT sur les salaires, le restaurant, ou les conditions de travail, le taux de participation obtenu était de l’ordre de 20%.
|
Nombre
total de réponses |
288 |
|
Effectifs
de l'établissement (CE 07/2004) |
976 |
|
Taux
de participation |
29,51% |
|
Réponses
non exploitables |
13 |
|
Réponses
exploitables |
275 |
|
Nombre
de personnes s’estimant stressées |
177 |
|
% de
personnes s’estimant stressées |
64,36% |
|
Nombre
de personnes ayant un problème de santé ou suivant un traitement |
209 |
|
% de
personnes ayant un problème de santé ou suivant un traitement |
76,00% |
|
Nombre
de personnes suivant un traitement |
69 |
|
% de
personnes suivant un traitement |
25,09% |
Tableau1
Statistiques générales sur les réponses
64,36% des personnes ayant répondu à l’étude se déclarent stressées, 76,00% ont un problème de santé et 25,09% suivent un traitement. Un état des lieux alarmant.
|
|
Hommes |
Femmes |
Cadres |
Non cadres |
N D |
Total |
|
Nombre de réponses |
241 |
34 |
160 |
92 |
23 |
275 |
|
Effectif (CE 07/2004) |
856 |
120 |
643 |
333 |
|
976 |
|
Taux de participation |
28,15% |
28,33% |
24,88% |
27,63% |
|
|
|
Nombre de personnes s’estimant stressées |
154 |
23 |
108 |
58 |
11 |
177 |
|
% de personnes s’estimant stressées |
63,90% |
67,65% |
67,50% |
63,04% |
|
|
|
Nombre de personnes ayant un problème de santé ou
suivant un traitement |
182 |
27 |
116 |
72 |
21 |
209 |
|
% de personnes ayant un problème de santé ou suivant
un traitement |
75,52% |
79,41% |
72,50% |
78,26% |
|
|
|
Nombre de personnes suivant un traitement |
58 |
11 |
35 |
26 |
8 |
69 |
|
% de personnes suivant un traitement |
24,07% |
32,35% |
21,88% |
28,26% |
|
|
Tableau2
Répartition des réponses par sexe et par classification
Les femmes sont un peu plus stressées que les hommes et ont d’avantage de problèmes de santé.
Les non cadres, bien que légèrement moins stressés que les cadres, ont plus de problèmes de santé que ces derniers.
|
Entité |
IGS / S&D |
Prod/ARS |
PSSC |
Sces indirects |
N D |
Total |
|
Nombre de réponses |
105 |
64 |
32 |
57 |
17 |
275 |
|
Effectif (CE 07/2004) |
310 |
224 |
202 |
240 |
|
|
|
Taux de participation |
33,87% |
28,57% |
15,84% |
23,75% |
|
|
|
Nombre de personnes s’estimant stressées |
73 |
35 |
24 |
37 |
8 |
177 |
|
% de personnes s’estimant stressées |
69,52% |
54,69% |
75,00% |
64,91% |
|
|
|
Nombre de personnes ayant un problème de santé ou
suivant un traitement |
79 |
49 |
27 |
45 |
9 |
209 |
|
% de personnes ayant un problème de santé ou suivant
un traitement |
75,24% |
76,56% |
84,38% |
78,95% |
|
|
|
Nombre de personnes suivant un traitement |
25 |
17 |
8 |
15 |
4 |
69 |
|
% de personnes suivant un traitement |
23,81% |
26,56% |
25,00% |
26,32% |
|
|
Tableau3
Répartition des réponses par entité
Faible participation au PSSC, mais très fort taux de personnes stressées et de personnes ayant un problème de santé.
Ceci s’explique par le fait que le management de cette entité a demandé à son personnel de ne pas participer à l’enquête du CHSCT. Ce sont donc les plus concernés par les problèmes liés au stress et ceux qui en souffrent qui ont répondu.
Il semble donc qu’il y ait deux problèmes au PSSC : un de management et un de stress. Nous essayerons de voir plus loin s’ils sont liés.
|
Age |
<30 |
30 - 39 |
40 - 50 |
>50 |
N D |
Total |
|
Nombre de réponses |
19 |
36 |
97 |
117 |
6 |
275 |
|
Nombre de personnes s’estimant stressées |
10 |
28 |
64 |
71 |
4 |
177 |
|
% de personnes s’estimant stressées |
52,63% |
77,78% |
65,98% |
60,68% |
|
|
|
Nombre de personnes ayant un problème de santé ou
suivant un traitement |
13 |
26 |
74 |
91 |
5 |
209 |
|
% de personnes ayant un problème de santé ou suivant
un traitement |
68,42% |
72,22% |
76,29% |
77,78% |
|
|
|
Nombre de personnes suivant un traitement |
4 |
3 |
27 |
34 |
1 |
69 |
|
% de personnes suivant un traitement |
21,05% |
8,33% |
27,84% |
29,06% |
|
|
Tableau4
Répartition des réponses par tranches d'âge
La population se déclarant la plus stressée est celle des 30-39 ans, tandis que celle qui a le plus de problèmes de santé est celle des plus de 50 ans. Pour cette population, les effets néfastes du stress chronique, mis en évidence par les études scientifiques, se cumulent avec les effets du vieillissement.
Pour tenter d’identifier les causes de stress, nous avons étudié les réponses des personnes qui se déclaraient stressées.
Le fait de se considérer ou non comme stressé est subjectif, le questionnaire demandait d’estimer son niveau de stress et proposait une échelle allant de « 1 » (pas du tout), à « 6 » (beaucoup). Face à une même situation de travail stressante, les réactions des individus peuvent être différentes et les réponses aussi.
Afin de savoir si le stress ressenti pouvait être qualifié de stress réel, les réponses aux questions (n°73 à 94) concernant les problèmes de santé ont été analysées.
Les principaux problèmes de santé déclarés par les personnes suivant un traitement médical sont (par ordre décroissant) : hypertension, douleurs du rachis, état dépressif, anxiété, angoisse, asthme ou allergies respiratoires, douleurs des membres.
Si on prend en compte à la fois les personnes qui ont répondu qu’elles suivaient un traitement et celles qui déclarent souffrir d’un problème de santé indiqué sur le questionnaire, les principales pathologies sont : douleurs du rachis, anxiété, oubli de mots, difficultés de concentration, baisse de l’état général, agressivité, ralentissement dans la réalisation des taches, angoisse.
On retrouve, dans les deux cas, des problèmes de santé dont les liens directs ou indirects avec le stress ont été mis en évidence par des études scientifiques. Ceci nous permet de considérer que le stress ressenti est bien un stress réel.
Les causes probables de stress ont été identifiées de la manière suivante.
Les réponses à chaque question (de la question 6 à la 53) ont été comparées à la réponse à la question 54 « Vous estimez-vous stressé ? ». Pour les personnes ayant répondu « 4 », « 5 », ou « 6 » sur l’échelle proposée pour cette question, nous avons recherché les réponses « négatives » aux questions 6 à 53 :
· Réponses « assez souvent » ou « fréquemment/tout le temps » pour les questions 6 à 18,
· Réponses « jamais/très rarement » ou « occasionnellement » pour la question 19,
· Réponses « 4 », « 5 » ou « 6 » pour les questions 20 à 53.
Nous avons ensuite totalisé le nombre de réponses négatives recueillies pour chaque question et calculé le pourcentage que cela représentait par rapport au nombre total de personnes se déclarant stressées. Ceci nous a permis de faire ressortir les principales causes de stress.
Pour chaque cause ainsi identifiée, une étude a été faite pour savoir si elle avait un impact différent en fonction du sexe, de la classification, de l’âge, ou de l’entité d’appartenance.
Les résultats obtenus figurent sur le graphique en annexe 2.
Voici les sources de stress qui peuvent être identifiées à partir de ce graphique et des analyses détaillées des résultats :
92,36 % des personnes ayant répondu sont dans ce cas, et parmi elles 65,35% se déclarent stressées.
40,00 % des personnes ayant répondu à l’enquête sont dans un environnement jugé bruyant, parmi elles, 70,00% se déclarent stressées.
Le bruit est un problème pour 64,71% des réponses venant de l’ARS, pour 57,45% des réponses de la production et pour 56,10% des réponses d’ITS.
C’est le cas pour 53,09% des réponses à l’enquête.
Le pourcentage d’insatisfaits est de 76,47% à l’ARS, de 68,42% à SO et de 63,41% à ITS.
Seulement 28,00% des personnes ayant participé à l’enquête sont en contact avec des clients, mais parmi elles 77,92% s’estiment stressées. En première ligne le PSSC où 78,13% des réponses proviennent de gens qui sont face aux clients.
Le contact direct avec les clients comme source de stress est confirmé par la question 27 car 89,19% des personnes ayant à faire face à des situations conflictuelles avec des clients s’estiment stressées.
C’est ce que font 60,36% des personnes ayant répondu, et parmi elles 70,48% se déclarent stressées.
Ce sont les cadres au forfait jour qui sont les plus exposés à ce type d’horaire (89,08% des réponses de cette catégorie).
Ce problème concerne 90,63% des réponses du PSSC, 84,21% de celles de SO, 75,61% de celles d’IGS et 71,93% des réponses des services indirects et de support production.
55,27% des réponses, et parmi elles 76,97% de personnes s’estimant stressées.
Le manque de temps hors travail est un problème général, les cadres en souffrant plus que le reste de la population et les femmes étant plus touchées que les hommes (58,82% des femmes et 54,77% des hommes).
81,25% des personnes du PSSC ayant répondu à l’enquête estiment qu’elles manquent de temps hors travail.
58,18% des réponses, et parmi elles 77,50% de personnes s’estimant stressées.
Les cadres sont plus touchés que les non cadres par ce problème (64% contre 50%), et les femmes plus que les hommes (64,71% des femmes contre 57,26% des hommes).
Plus de 80% des personnes qui ont à faire face à des situations conflictuelles se déclarent stressées.
36,36% des personnes ayant répondu à l’enquête sont souvent en conflit avec leur manager. Plus d’une personne sur deux est dans ce cas à SO et une personne sur deux au PSSC.
Pratiquement 3 personnes sur 4 qui ne reçoivent pas d’aide lorsqu’elles rencontrent une difficulté se déclarent stressées.
74,12% des personnes qui ont à utiliser ce système s’estiment stressées.
La procédure PBC est considérée comme un handicap par 83,27% des personnes ayant répondu à l’enquête.
Le pourcentage passe à 93,75 % pour les réponses venant du PSSC puis, par ordre décroissant on trouve ITS, SO, les services indirects et de support production, …
73,09% des réponses, et parmi elles 75,12% de personnes s’estimant stressées.
Ceci concerne 81,25% des réponses venant du PSSC, 78,95% des réponses de SO, 78,05% d’ITS, … Toutes les entités de l’établissement sont concernées par ce problème.
81,45% des réponses, et 71,43% des personnes dans ce cas se déclarent stressées.
Sont concernées toutes les entités, et plus particulièrement SO, ITS et les services indirects et de support production.
80,36% des réponses dont 72,85% de personnes s’estimant stressées.
Tout l’établissement est concerné, et plus particulièrement ITS, les services indirects et de support production et la production.
C’est le cas pour 52,73% des réponses, dont 71,72% de personnes se déclarant stressées. Ceci est un problème général, toutes les entités sont concernées.
Le travail n’a pas d’incidence directe sur les évolutions de salaire et de carrière pour 58,91% des personnes ayant répondu à l’enquête.
Questions 39, 40, et
41 :
Entre 65% et 69% des personnes ayant répondu à l’enquête pensent qu’une erreur dans leur travail aurait des conséquences importantes sur la qualité et les coûts, tandis que 65,45% pensent qu’elle entraînerait des sanctions. Ce dernier pourcentage passe à 81,25% au PSSC et à 78,95% à SO.
C’est le cas pour 51,64% des personnes ayant répondu, parmi lesquelles 75,35% se déclarent stressées. Les entités où le problème est le plus marqué sont les services indirects et de support production et la production.
45,82% des participants à l’enquête considèrent qu’ils n’ont pas les moyens d’exécuter un travail de qualité ou de répondre aux attentes du client. 77,78% d’entre eux s’estiment stressés.
C’est le cas pour 73,09% des personnes ayant répondu.
75,00% pour les 30-39 ans,
80,41% pour les 40-50 ans,
63,25% pour les plus de 50 ans.
L’inquiétude est plus forte en production (80,85%), puis à l’ARS (76,47%), et à ITS (75,60%).
Les non cadres (qui sont majoritairement employés dans ces entités), sont inquiets à 81,52% contre 68,75% pour les cadres.
58 questionnaires comportaient des commentaires :
· 2 commentaires portaient sur le questionnaire lui-même estimant qu’il était « orienté » et qu’il ne tenait pas compte du stress positif.
· 15 commentaires concernaient les problèmes affectant la santé de la personne qui a répondu (dépression, allergies, problèmes intestinaux, problèmes de vue, …).
Les autres commentaires concernaient les points suivants :
· augmentation de la charge de travail ;
· augmentation de la durée du travail ;
· incertitudes sur l’avenir ;
· manque de reconnaissance du travail effectué ;
· manque de considération et d’écoute du management ;
· rejet de la procédure PBC ;
· dégradation de l’ambiance au travail ;
· baisse de l’intérêt du travail ;
· perte de salaire ;
· dégradation des conditions de travail : manque de lumière du jour, mobilier et matériel inadaptés, cadre du travail peu agréable, etc.
Compte tenu du type d’enquête effectuée (participation basée sur le volontariat), et malgré le taux élevé de participation, il n’est pas possible de connaître précisément le pourcentage de salariés de l’établissement victimes de stress. Toutefois, vu le résultat obtenu (64,36% de salariés s’estimant stressés), on peut dire que le personnel de l’établissement de Montpellier n’est pas épargné par le stress et que le chiffre doit être de l’ordre de celui mis en évidence par une étude des médecins de travail dans d’autres établissements d’IBM France (44% de salariés stressés).
On voit avec cette enquête que le stress au travail, avec ses effets néfastes sur la santé, constitue un véritable risque professionnel. Ce risque doit être pris en compte par la direction conformément à l’article L230-2 du Code du Travail : « Le chef d’établissement prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs de l’établissement … ».
Les causes probables de stress identifiées lors de cette enquête ont parfois pour origine des problèmes déjà soulevés lors des visites périodiques du CHSCT, mais elles peuvent aussi dépendre de facteurs externes à l’établissement (orientations globales d’IBM Corporation, choix de société, etc.)
Pour certains points, identifiés comme sources de stress, le CHSCT recommande la mise en place de groupes de travail. Chaque groupe sera composé de salariés concernés (volontaires et non pas désignés par le management), de représentants du management et d’un ou plusieurs représentants du service médical et du CHSCT. L’objectif du groupe sera de faire un état des lieux détaillé et si possible exhaustif afin de proposer des solutions visant à éliminer les causes de stress ou, à défaut, de les limiter en apportant une aide aux salariés qui doivent y faire face.
Les recommandations reprennent les thèmes des groupes de questions (voir chapitre 3).
· Pour éviter les conséquences néfastes du travail prolongé sur écran, et notamment les douleurs du rachis, mettre à la disposition du personnel un mobilier adapté et fonctionnel (fauteuil, bureau), ainsi que des stations d’accueil pour le personnel équipé de ThinkPad.
· Lors de l’aménagement ou du réaménagement des lieux de travail, prendre en compte les nuisances liées au bruit généré par l’activité du service ou des services voisins.
· Mettre en place de mesures correctives dans les locaux où des problèmes de bruit ont été identifiés.
· Vérifier que les lois et les normes concernant l’éclairage naturel des locaux soient respectées.
· Mettre à la disposition du personnel un mobilier adapté et en bon état ainsi qu’un espace suffisant pour travailler dans de bonnes conditions.
· Concernant le personnel en contact direct avec les clients, mettre en place un groupe de travail par entité (PSSC, ITS, etc.), l’environnement et les problèmes pouvant être différents.
Ces deux domaines sont étroitement liés. Du fait de l’organisation du travail, sa durée augmente, notamment pour les cadres, d’où un manque de temps personnel.
Parmi les facteurs aggravants, on peut noter :
· L’alignement des effectifs sur la charge de travail minimale, d’où des situations de surcharges cycliques ou permanentes suivant les entités.
· Le passage aux 35 heures sans créations d’emplois. La charge de travail n’ayant pas diminué, cela impose de fait, ou une augmentation de la productivité, ou une non réduction de la durée du travail.
· La mise à disposition de nombreux salariés de téléphones ou de PC portables rend la distinction entre temps de travail et temps hors travail de plus en plus difficile à faire.
· Le mode de travail « dans l’urgence », dû entre autres au manque d’effectifs et au flux tendu.
Afin d’identifier les problèmes liés à l’organisation du travail dans chaque entité :
· Mettre en place des groupes de travail.
Le véritable travail en équipe a disparu dans de nombreux secteurs. L’individualisation des objectifs et la mise en concurrence des salariés entre eux, ajoutés aux méthodes de management actuelles, y sont pour beaucoup.
· Modifier la politique de management du personnel et favoriser le travail en équipe.
Les méthodes de management sont génératrices de stress. On le voit avec le suivi de l’activité dans le système CLAIM et son utilisation en outil de harcèlement hebdomadaire. C’est aussi le cas avec le PBC.
Dans les entités où des manageurs semblent très directifs (PSSC, SO), des conflits apparaissent et la peur de la sanction en cas d’erreur commise par le salarié est importante, le manageur devient une cause de stress.
Le PBC (Personnal business commitment) n’est pas ressenti comme une aide à l’évolution de carrière, mais comme un outil destiné à gérer la masse salariale à travers des quotas de notation. La non reconnaissance du travail accompli en est la conséquence.
· Changer les méthodes de management de la compagnie semble hors de portée pour la direction de l’établissement, mais en exiger une application non zélée et respectueuse des individus semble réaliste. Le manager doit être à l’écoute du personnel et adapter ses méthodes de management à la réalité du terrain.
Une des conséquences de la surcharge de travail est le manque de temps pour se former et pour améliorer ses compétences. De plus, certaines entités considèrent que la formation est une dépense et non un investissement.
· Permettre à l’ensemble du personnel de l’établissement de suivre les formations qui lui sont nécessaires pour exercer son métier ou améliorer ses compétences.
· Mettre à la disposition du personnel les moyens nécessaires à la réalisation de leur tache.
Le message de la direction sur l’avenir de l’établissement et la pérennité des missions actuelles passe mal dans de nombreuses entités.
· Donner au personnel et à ses représentants des informations claires et détaillées concernant l’évolution à moyen terme des activités de l’établissement.
Dans le cadre de la prévention des risques professionnels, prendre en compte dans le document unique les recommandations ci-dessus.
Compte-rendu établi par J.P. Faveraud, secrétaire du CHSCT
Ont participé à cette enquête le médecin du travail, les membres du CHSCT ainsi que les représentants syndicaux au CHSCT.
Le point des connaissances sur le stress au travail
Document INRS(07/20003)
Le stress au travail
Dossier INRS (10/2003)
Santé mentale au travail
Dossier INRS (10/2002)
Face au stress les préventeurs se mobilisent
A. Bondéelle et D.
Chouaniere, Travail et sécurité 05/2004
Souffrance au travail : le risque organisationnel
P. Davezies, laboratoire de
médecine du travail, Faculté de médecine de Lyon 10/2003
Evolution des organisations du travail et atteintes à la santé
P. Davezies, laboratoire de
médecine du travail, Faculté de médecine de Lyon 1999
Le prix du stress
A. Bondéelle, Travail et
sécurité 06/2004
Sources et mesures du stress au travail, quelles nouvelles voies de recherches envisager ?
C. Edey Gamassou, Les
cahiers du CERGOR, 09/2002
Charge et stress
P. Falzon, C. Sauvagnac
CNAM Ergonomie et neurosciences du travail 2003
Enquête SUMER 2002 Autoquestionnaire
Ministère de l’emploi et de la solidarité



